Quelle artère irrigue le cerveau ?

Quelle artère irrigue le cerveau ?

Le cercle ou polygone de Willis est constitué des artères communicantes antérieures et postérieures qui relient les artères carotides et vertébrales du crâne. Leur rôle est d’alimenter le cerveau en cas d’occlusion carotide ou vertébrale, ce qui limite le risque d’accident vasculaire cérébral. L’IRM et la tomodensitométrie nous permettent de les visualiser.

A) Vascularisation cérébrale

Le cerveau est vascularisé par trois artères de chaque côté, les artères cérébrales antérieures, moyennes (artères sylviennes) et postérieures.

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B) Anatomie des artères communicantes

Dans le crâne, de petites artères relient les carotides et les vertèbres. L’artère communicante antérieure relie les deux carotides internes, et les artères communicantes postérieures relient les carotides aux vertèbres (via, devant l’origine des artères cérébrales antérieures, et derrière le tronc basilaire et l’origine des artères cérébrales postérieures). Toutes ces artères forment le polygone de Willis.

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C) Rôle des artères communicantes

Ces communicants sont très utiles, car ils permettent, en cas d’occlusion (artère obstruée) d’une artère carotide ou vertébrale, de vasculariser (irriguer), à partir des artères qui fonctionnent encore, l’ensemble du cerveau y compris celui qui dépend de l’artère occlue (obstruée).

D) Polygone et trait de Willis incomplet

Malheureusement, certaines personnes ont un polygone de Willis incomplet (elles n’ont pas une ou plusieurs artères communicantes). Lorsque l’absence d’artère communicante ne permet pas à une région de vasculariser le cerveau en cas d’occlusion carotidienne, le polygone de Willis est dit incomplet ou non fonctionnel. Dans ce cas, il existe un risque d’accident vasculaire cérébral en raison d’un infarctus cérébral en cas d’occlusion carotide. Ces cas sont rares.

E) L’IRM et la tomodensitométrie permettent de visualiser la circulation cérébrale

Le scanner montre l’intérieur des artères, et donc celles qui communiquent même si elles sont très peu utilisées.

L’IRM (3D TOF AngioMRI) montre l’écoulement dans les artères communicantes. Ceux-ci ne sont donc visibles que s’ils sont le siège d’un flux sanguin pour alimenter une artère cérébrale mal perfusée.

L’angiographie IRM 3D TOF ne nécessite aucune injection de produit.

Le traitement par scanner des artères cérébrales nécessite l’injection d’un produit de contraste iodé (angioscanning).

F) Polygone complet de Willis

Lorsque toutes les artères du polygone Willis sont présentes, le cerveau ne sera pas privé de sang même en cas de sténose ou d’occlusion carotide. Mais cela évite seulement 10 % des accidents vasculaires cérébraux dus à une sténose carotidienne, car environ 80 % des accidents vasculaires cérébraux sont dus à des embolies provenant de la plaque d’athérome responsable de la sténose carotidienne et environ 10 % des caillots qui se forment en aval d’une sténose hyperserrée.

Quelle que soit l’artère, la vertèbre ou la carotide obstruée, le cerveau restera perfusé. Mais le risque d’accident vasculaire cérébral persiste en cas d’embolie.

G) Polygone de Willis fonctionnel

Lorsque le polygone de Willis est fonctionnel et joue son rôle, notamment en cas de sténose carotidienne très serrée ou d’occlusion d’une carotide, ou de vertèbres, l’IRM comme la tomodensitométrie montre les artères communicantes.

H) Polygone de Willis incomplet

Moins de 10 % des accidents vasculaires cérébraux de sténose carotidienne sont dus à un polygone de Willis incomplet, mais ces accidents sont particulièrement graves, car il s’agit d’un territoire vasculaire du cerveau entier qui est affecté, voire détruit, causant souvent un important infarctus. Et lorsque la sténose carotidienne progresse vers l’occlusion, l’AVC est inévitable, en l’absence de traitement rapide. Mais c’est également dans ces cas-là qu’une opération ou une angioplastie carotidienne précoce peut guérir le patient de tout ou partie de ses symptômes. En imagerie, IRM ou scintigraphie cérébrales, les infarctus sont localisés à la jonction de deux territoires vasculaires (infarctus jonctionnel).