Les pensions de retraite de base ont été revalorisées de +0,9 % au 1er janvier 2026, conformément à l’indexation sur l’inflation hors tabac prévue par le Code de la Sécurité sociale. Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, aucune revalorisation supplémentaire n’a été annoncée à ce stade.
Ce décalage entre les deux régimes pose une question concrète pour les retraités du privé qui dépendent largement de leur complémentaire.
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Le facteur de soutenabilité Agirc-Arrco : un mécanisme qui pèse sur la hausse réelle
L’accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023 a fixé les règles de revalorisation des pensions Agirc-Arrco jusqu’en 2026. Le principe repose sur l’inflation, mais avec un correctif : un facteur de soutenabilité de 0,4 point est retranché du taux d’inflation pour déterminer la hausse appliquée aux pensions complémentaires.
Ce mécanisme signifie que si l’inflation annuelle atteint 1,5 %, la revalorisation Agirc-Arrco pourrait se limiter à 1,1 %. En revanche, les partenaires sociaux conservent la possibilité de majorer le taux jusqu’à 0,4 point supplémentaire si les réserves financières du régime le permettent.
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Cette marge de manœuvre dans les deux sens crée une incertitude réelle. Un retraité dont la pension complémentaire représente la moitié de ses revenus ne peut pas anticiper précisément sa revalorisation de novembre 2026 avant que le conseil d’administration Agirc-Arrco ne statue, généralement en octobre.

Revalorisation retraites complémentaires et retraite de base : deux calendriers, deux logiques
Les dates de revalorisation diffèrent selon le régime. La retraite de base est ajustée au 1er janvier, sur la base des indices de prix à la consommation hors tabac publiés par l’Insee. La complémentaire Agirc-Arrco suit un calendrier propre, avec une révision au 1er novembre de chaque année.
Cette différence de calendrier a une conséquence directe : pendant dix mois (de janvier à octobre), seule la hausse de la pension de base s’applique. Pour un retraité qui perçoit une part significative de ses revenus via Agirc-Arrco, le pouvoir d’achat réel dépend donc de la décision d’automne.
Pourquoi le gel de la complémentaire pèse plus qu’il n’y paraît
En 2026, la retraite de base a progressé de 0,9 %. Si la complémentaire reste stable sur l’ensemble de l’année, la hausse globale des revenus de retraite est mécaniquement inférieure à l’inflation pour les profils dont la complémentaire représente plus de 40 % de la pension totale. C’est le cas d’une large part des cadres et professions intermédiaires du secteur privé.
Effet de seuil CSG : quand la hausse de la pension de base augmente vos prélèvements
Un aspect rarement abordé concerne l’interaction entre la revalorisation de la retraite de base et les taux de CSG applicables aux pensions. Le revenu fiscal de référence détermine le taux de CSG prélevé sur l’ensemble des pensions, y compris la complémentaire.
La hausse de 0,9 % de la retraite de base peut suffire à faire basculer certains retraités dans une tranche de CSG supérieure. Le passage du taux réduit au taux médian, ou du taux médian au taux normal, entraîne alors un prélèvement accru sur la totalité des revenus de retraite, complémentaire incluse.
Concrètement, un retraité peut voir sa pension brute augmenter légèrement tout en percevant un montant net inférieur. Ce phénomène touche en priorité les retraités dont le revenu fiscal se situe juste en dessous d’un seuil de basculement.
- Le taux de CSG applicable dépend du revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année (avis d’imposition N-2)
- Un franchissement de seuil peut générer une hausse de prélèvement qui absorbe la totalité du gain lié à la revalorisation
- Les retraités concernés ne sont informés du changement de taux qu’au moment de la réception de leur avis d’imposition, plusieurs mois après
Réserves financières du régime Agirc-Arrco : quel impact sur la décision de novembre 2026
La décision de revalorisation au 1er novembre repose en partie sur la santé financière du régime. Agirc-Arrco dispose de réserves accumulées au fil des années d’excédents. La question qui se pose chaque automne est celle de l’arbitrage entre préservation des réserves et soutien au pouvoir d’achat des retraités.
L’accord de 2023 offre aux partenaires sociaux une latitude encadrée. Ils peuvent choisir d’appliquer le strict minimum (inflation moins 0,4 point) ou de restituer tout ou partie de ce facteur de soutenabilité. Les retours terrain divergent sur ce point : certaines organisations syndicales plaident pour une revalorisation au niveau de l’inflation, tandis que les représentants patronaux privilégient la prudence face aux incertitudes démographiques.
Ce que les projections du COR indiquent
Les projections du Conseil d’orientation des retraites alimentent les discussions entre partenaires sociaux, sans les contraindre. La décision reste politique au sens paritaire du terme.

Budget retraite 2026 : les postes de dépenses qui évoluent en parallèle
Évaluer l’impact de la revalorisation sur un budget de retraité suppose de la comparer aux hausses de dépenses courantes. Les postes qui pèsent le plus sur les ménages retraités (énergie, mutuelles, alimentation) suivent des trajectoires propres, parfois bien supérieures à 0,9 %.
Les cotisations de complémentaire santé, par exemple, ont connu des hausses régulières ces dernières années. Un retraité qui voit sa pension augmenter de quelques euros par mois peut constater que la hausse de sa mutuelle absorbe l’intégralité du gain.
- Les tarifs des mutuelles pour les seniors augmentent à un rythme généralement supérieur à l’inflation générale
- Le prix de l’énergie reste volatile, avec des effets directs sur les budgets des retraités propriétaires
La revalorisation des retraites complémentaires 2026, quelle qu’elle soit, ne se lit pas isolément. L’enjeu pour chaque retraité est de rapporter le montant net perçu après prélèvements à l’évolution réelle de ses dépenses contraintes. La décision Agirc-Arrco attendue à l’automne 2026 apportera une réponse partielle, mais l’effet de seuil CSG et la hausse des mutuelles resteront les deux variables les moins prévisibles du budget retraite cette année.

